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Cornouaille Écologie
Bio. « On est en train de tout casser »
Le télégramme 11 juillet 2019
mis en ligne le 20/07/19 par Reunig Kozh

« Il a fallu énormément de temps pour que le label bio soit reconnu du consommateur. Et là, on est en train de tout casser ! » La députée LREM du Finistère Sandrine Le Feur, elle-même agricultrice bio, se dit « en colère » après la décision autorisant le recours aux serres chauffées en bio.

Que pensez-vous de la décision du comité national de l’agriculture biologique, autorisant l’utilisation du chauffage dans les serres en agriculture bio ?

Je suis très en colère. La vente de fruits et légumes bios produits sous serres chauffées va être autorisée de mai à fin décembre. Or, pour avoir des tomates rouge début mai, il faut les planter en janvier et ensuite les chauffer. Et pas de façon ponctuelle, mais permanente ! Cela représente une consommation énergétique loin d’être négligeable.


Cette décision vous surprend-elle ?

Au vu de l’hérésie agronomique qu’elle représente, je ne m’attendais pas à une telle décision. Il a fallu énormément de temps pour que le label bio soit reconnu du consommateur. Et là on est en train de tout casser. Cette décision est la porte ouverte à de multiples dérogations du cahier des charges, tel que l’utilisation un jour des pesticides en bio. Et pourquoi ne pas faire de la tomate hors sol en bio, tant qu’on y est ?

L’obligation de chauffer les serres avec des énergies renouvelables à partir de 2025 ne vous paraît-elle pas une avancée significative ?

Non pas du tout. Même les énergies renouvelables sont aujourd’hui controversées, si on prend l’exemple de la méthanisation, avec les digestats qu’il y a derrière, ou celui des panneaux photovoltaïques, avec la consommation de terres rares.

Ce qui compte en bio, et qui est bien stipulé dans le cahier des charges européen, c’est le respect de la saisonnalité. Or, à ma connaissance, la tomate est un fruit d’été et pas de printemps. Il y a aussi une clause qui indique que l’agriculture bio doit être la moins consommatrice possible en énergie. Là on n’y est pas du tout.

Ceux qui défendent le chauffage des serres mettent en avant que la France importe beaucoup de tomates bio…

Dire qu’on ne produit pas assez de tomates bio en France n’es pas, selon moi, un argument recevable. Dans ce cas-là, installons davantage d’agriculteurs ! Ce n’est pas la politique actuellement menée par les chambres d’agriculture.

Que comptez-vous faire à présent, en tant qu’agricultrice bio et en tant que parlementaire ?

Nous allons voir comment obtenir une différenciation entre les légumes bios produits sous serre chauffée et les légumes bio produits sous serre froide. Nous allons aussi travailler au niveau européen pour obtenir une harmonisation du cahier des charges bio.

Et le jour où on arrivera à interdire les serres chauffées en bio, il ne faudra pas que les agriculteurs qui, aujourd’hui se convertissent au bio, viennent nous dire qu’ils vont avoir une perte économique, parce que ce sont eux qui auront fait le choix d’aller en serres chauffées.

Voir en ligne : https://www.letelegramme.fr/economi...

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