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Cornouaille Écologie
Glyphosate. Pisser avant de porter plainte
Le Télégramme 6 oct 2019
mis en ligne le 07/10/19 par Reunig Kozh

Prélever des échantillons d’urine pour savoir s’ils contiennent des traces de glyphosate. Voilà l’objectif de la première « pisserie » organisée en Pays de Concarneau, samedi matin. Un rendez-vous organisé par Pig BZH, pour Pisseurs involontaires de glyphosate. Et qui a attiré 45 volontaires.

« Ça y est ? T’as pissé ? ». Ambiance bon enfant, au petit matin, samedi, dans le hall d’accueil du Sterenn, à Trégunc. Les plus pessimistes auraient pu craindre la présence d’un comité d’accueil peu attentionné, composé notamment d’agriculteurs récalcitrants. Il n’en a rien été. L’opération pilotée par les relais concarnois, trégunois et névéziens de l’association Pig BZH (issue de l’association nationale Campagne Glyphosate) a pu se dérouler sans heurt.

Tout le monde est contaminé à son insu.

Au programme de la matinée, une « pisserie » géante, à laquelle 45 volontaires, hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, sont venus participer. Objectif du groupe : « Déceler le taux de glyphosate dans les urines », résume Thomas, adhérent de Pig BZH. Avant de rappeler que neuf « pisseries » similaires ont déjà été organisées dans le Finistère ; 22 sur toute la Bretagne.

Le mouvement, initié en Ariège, a germé dans toute la France. Et les résultats ne semblent pas étonner : « Les taux varient entre 0,0 et 3,55 ng/ml pour l’instant. Seules deux personnes sont indétectables, sur le millier de prélèvements réalisés en Bretagne, explique le bénévole. Sachant que l’eau est considérée comme non potable dès 0,1 ng/ml ». Un constat amer. Qui conduit l’association à réclamer l’interdiction pure et simple des pesticides. « Car tout le monde est contaminé à son insu », assure Thomas.

Mélanie (*), 34 ans, ne semble pas penser autrement. Samedi matin, elle est venue avec son époux et son bébé. Une famille qui « consomme essentiellement bio ». Mais qui ne se sent pas à l’abri pour autant : « On a l’impression d’être préservé en mangeant ainsi, confie la jeune femme. Alors qu’en fait, nous ne le sommes pas vraiment. Les analyses vont d’ailleurs peut-être le confirmer ». André, 70 ans, « s’efforce » pour sa part « de manger bio depuis la fin des années 70, à une époque où c’était un peu moins facile ». « Je bois aussi mon eau de pluie récupérée. Les analyses me permettront de savoir si cette eau est polluée ou non par les aérosols ».

La présence d’un huissier de justice

Les prélèvements ont été réalisés ce matin-là suivant un protocole très strict. Depuis minuit, les participants avaient interdiction de manger, boire et fumer. Interdiction également d’aller soulager sa vessie. « Pas facile, mais on a fait l’effort », sourit André. Rapidement appuyé par Monique et Fabienne, deux sexagénaires pressées de prendre un petit café après avoir accompli leur devoir militant.

Dans le hall du Sterenn, les tenues légères sont également de sortie. Chaque Pisseur involontaire de glyphosate doit en effet passer par les vestiaires avant de se rendre aux toilettes. Un défilé en sous-vêtements ou en peignoir, sous le regard attentif de Sophie Clergeot. Un huissier de justice présent « pour veiller au respect du cahier des charges fixé pour les prélèvements », « afin qu’aucune contestation ne soit possible ». « Il faut notamment s’assurer que personne ne dissimule d’éléments extérieurs ». Accompagnée d’un membre de l’association, c’est elle qui sera chargée d’expédier les échantillons récoltés lors de la « pisserie ». Direction l’Allemagne, où le laboratoire d’analyse choisi pour cette campagne nationale devrait donner son verdict d’ici une quinzaine de jours.

L’objectif est d’aller porter plainte contre les fabricants de pesticides et ceux qui ont autorisé leur mise sur le marché.

Des résultats qui, espère chaque volontaire présent samedi matin, permettront au collectif de peser par la suite. Peser face au gouvernement et aux élus locaux : « On aimerait que les maires de Concarneau, Trégunc et Névez prennent des arrêtés pour interdire les pesticides », explique dans ce sens Thomas.

Mais aussi face à la justice. Car la prochaine étape des Pisseurs involontaires de glyphosate devrait se jouer devant les tribunaux. Analyses en main, « l’objectif est d’aller porter plainte contre les fabricants de pesticides et ceux qui ont autorisé leur mise sur le marché », poursuit Thomas. Un long combat judiciaire en perspective. Mais les bénévoles de Pig BZH, comme leurs homologues nationaux, sont prêts à aller jusqu’au bout.

* Les prénoms des participants ont été modifiés.

Pratique
Les « pisseries » se poursuivent. Les personnes souhaitant y participer peuvent s’inscrire directement sur le blog de l’association bretonne : pig.log.bzh

Voir en ligne : https://www.letelegramme.fr/finiste...

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