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Cornouaille Écologie
Bretagne vivante : des vigies sur l’estran
mis en ligne le 08/07/20 par Reunig Kozh

Les estrans sont plus connus pour la pratique de la pêche à pied que pour leur biodiversité remarquable. Un observatoire régional a été lancé par Bretagne vivante sur le principe de la science participative. Rencontre sur le terrain, dimanche matin, à Plozévet.

La faible visibilité et le petit crachin n’ont pas découragé le groupe de bénévoles conduit par Bernard Trébern, de Bretagne vivante. Ils s’étaient donné rendez-vous à Keristinvet en Plozévet avec pour mission « de découvrir et d’inventorier la faune et la flore des rochers du bord de mer, dans le cadre de l’Observatoire breton des changements sur l’estran ». « Ce programme a été lancé fin 2018 pour connaître de façon plus fine les estrans. Les scientifiques ont tendance à se concentrer sur des secteurs comme Brest ou Morlaix », décrit Bernard Trébern. Il existe déjà des programmes scientifiques (Rebent, stations marines) mais l’observatoire s’attache à faire ce que les scientifiques ne font pas. « On essaye de couvrir les plages de Telgruc, jusqu’à Concarneau où il y a un autre groupe », continue-t-il.

Un suivi des espèces locales et exotiques

« L’idée est de suivre quelques espèces en lien avec le réchauffement climatique car on sait qu’elles vont être amenées à bouger. Le meilleur exemple, ce sont les pousse-pied. Ils ne dépassaient pas la rade de Brest et on commence à en voir dans la Manche », poursuit ce dernier. Autant de données et d’éléments concrets qui permettront de constituer une carte de la répartition des espèces vivant dans ces zones intertidales et de participer ainsi à leur préservation.

Un des autres objectifs est de suivre les espèces dites exotiques introduites par les cultures marines comme les huîtres ou les eaux des ballasts de bateaux. La plus connue pour les algues est la sargasse japonaise. « Ici, au début, elle se cantonnait aux cuvettes. Ce qui peut être gênant, c’est qu’elle peut faire quatre à cinq mètres là où les espèces locales font trois mètres et entrer en compétition pour la lumière », indique Thomas Burel, jeune scientifique spécialiste des algues à Plouzané, l’IUEM (institut universitaire européen de la mer) étant partenaire scientifique du programme. C’est aussi le cas de la Grateloupia Turuturu, « l’algue rouge la plus grande du monde ». « Au tout début, on a trouvé des spécimens sur l’île Callot qui faisait trois mètres de long. Finalement en quelques années, cela se régule », précise-t-il.

Le souci de transmettre

Le petit noyau de bénévoles passionnés par les algues est ravi de sa présence. « C’est royal ! », lance l’une d’entre elles qui voit ainsi la liste des algues répertoriées s’allonger et, par la même occasion, ses connaissances. « Le but est aussi de former les observateurs bénévoles pour avoir de plus en plus de gens compétents. C’est notre façon de fonctionner à Bretagne vivante, ceux qui ont des compétences forment les autres », précise Bernard Trébern. « Au début, je suis venue pour l’ornithologie et puis je me suis laissée emporter par leur enthousiasme. Cela fait quatre ou cinq fois que je participe aux sorties estrans et je m’émerveille à chaque fois », avoue Marylise, adhérente à Bretagne Vivante depuis août dernier. Elle vient désormais avec sa loupe et son petit carnet quand d’autres sont équipés d’appareils photos.

60 à 80 espèces par sortie

Au fur et à mesure de leur cheminement vers la mer, l’estran dévoile ses trésors. Chacun s’initie progressivement à les identifier. Nom commun ou latin sont passés en revue. Et souvent seul l’œil exercé permet de déceler la présence du syngnathe aiguille, petit poisson de la famille des hippocampes dont le mâle porte lui aussi les œufs, du Mordocet, autre poisson qui vit dans les flaques, du Liocarsinus, un petit crabe qui ressemble à l’étrille, d’éponges ou de la Doris orange, une espèce de limaces. « On aime bien les limaces car elles ont des couleurs spectaculaires », émet Bernard Trébern qui cite aussi l’Anadoni Babarani, multicolore, rencontrée tout d’abord par un plongeur à Loctudy puis sur l’estran ou la Berghia azurée, découverte à Penmarc’h.

« Même dans un milieu pas très riche, on arrive à trouver 60 à 80 espèces par sortie », émet Bernard Trébern, un peu déçu par le résultat de cette sortie sur un estran battu par la mer et donc moins propice au développement des espèces. Les sorties à Loctudy, Penmarc’h ou l’Ile-Tudy se montrent en général plus prolifiques.

Voir en ligne : https://www.letelegramme.fr/finiste...

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